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Photos et Récits d'Afrique
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Sain et sauf de ce péril togolais, je voudrais vous partager quelques couleurs et odeurs de l'Afrique, telles que je les ai ressenties. Je vous encourage à venir les appréhender par vous-même... Me voilà donc à nouveau aux commandes des ces engins civilisés des pays riches en Allemagne. Les échos des regards et le souffle de l'Afrique se bousculent encore en images intenses sur l'écran de mes pensées tandis que le vrombissement des tam-tams ne nous parviens pas, plus. A-t-on oubliée cette chère terre colonisée il y a encore 30 ans par nos aïeux... ?
Samedi 10 Mai. 8h00. Après une première nuit un peu trop confortable pour mon porte monnaie, je me fais déposer en pleine ville, ACCRA, 5 000 000 d'habitants, au Ghana. Sortir du taxi fut comme passer dans un autre monde, une autre dimension. Certaine appréhension. Exténué par les images et les sensations tellement riches et nouvelles, je me dirige déjà vers une pierre pour me ressourcer.
30 secondes que je suis là, deux jeunes ( 16-20 ans) s'approchent vers moi, le visage rayonnant. Ils me tendent la main, me demandant déjà mon nom, voulant faire connaissance. Les africains ont un grand sens de l'accueil car la pauvreté qu'ils connaissent les projette dans un sens de l'entraide, de l'hospitalité.
Bref, je brûle les étapes. Ils veulent me montrer leur magasin de drums qu'ils tiennent sur le marché. Ils me font asseoir sur un banc, au fond du local. Je ne suis pas très rassuré. Plein de jeunes, des enfants, des adolescents s'attroupent. Un blanc. Tous le regard rivés sur mes moindre gestes, moindre attention, moindre paroles. Outre le fait qu'ils veulent me vendre leur marchandise, la recherche d'établir le contact avec la culture des blancs est flagrante. Je parle autant pour le Ghana que pour le Togo.
Alors ils veulent mon adresse, me posent des questions sur la société européenne, me demandent de devenir leur correspondant, un espoir de peut-être un jour aller en Europe, de connaître une société où ils ont entrevu des avantages qu'ils n'ont pas. Comment dire non à un regard suppliant demandant l'équivalent de 30 CENTS pour aller acheter son riz du midi au vendeur ambulant de la rue, qui vit comme les plus de 4 000 000, soit 80% d'habitants de la ville, de vente de graines, repas sur le pouce, boutons, gâteaux, fruits... Comment dire non à la volonté de communiquer de ce visage émerveillé, animé de l'espoir de dire au monde des blancs combien leur misère se languit.
Le message qui passe est bien plus riche que çà. C'est une remise en question totale de notre mode de vie, de notre confort. Pourquoi ? Ce sourire, cette sérénité qui se lit sur le visage de ces vendeuses de tomates étalées sur les trottoirs de 6h00 du mat à 6h00 du soir, te regardant passer dans un abandon calme et interrogateur, toujours prêtes au dialogue du regard, à échanger aussi quelques mots, attendant patiemment.
Certaines osent m'appeler : "Monsieur, ça va ?" Ils tentent de communiquer, d'ouvrir le dialogue et sans rien demander, mais quémandant parfois une pièce, une adresse. Certains rigolent de me voir, parce que c'est bizarre, c'est inhabituel.
Toujours escorté par cette bande de jeunes qui ne me lâche plus, je leur demande un hôtel à prix plus raisonnable dans le coin. Ils m'indiquent un endroit où enfin, je pourrai me décharger de mes habits et sacs européens qui encombrent mon intégration dans le milieu où le sac plastic en guise de sac est plus habituel.
Il faut imaginer ce contexte dans des rues grouillant de monde, toujours remplies de 6h00 du mat jusqu'au soir, principalement de vendeuses, donc accompagnées de leur enfants et puis des jeunes sont assis calmement, sans rien faire, voire en dormant, assommés par la chaleur. Difficilement, j'arrive à faire comprendre aux jeunes que je n'achèterai pas leur drum et que je pourrais me débrouiller seul dans la ville ; pour me perdre 10 min plus tard et me faire à nouveau escorter par un vendeur d'une trentaine d'années qui me propose de m'aider à retrouver mon chemin.
Mon but est de retrouver la station de bus pour regagner le lendemain Lomé, Togo. Ils m'emmènent dans un tortillon de stands de toutes les couleurs, aux odeurs généreuses, grouillant de monde et de poussière. Je croise parfois des vestiges du monde européen: banques en briques dures et vitres dorées, pour me rappeler la réalité de cette expérience.
Je trouve la station de bus et me demande comment je retrouverai cet endroit dans une ville où je ne peux reconnaître les rues qui sont rarement indiquées. Je lui offre un repas (80 Cents) dans un restaurant-tente improvisé sur le trottoir, grande gamelle, plat unique, viande qui crisse sous la dent, près des égouts qui toujours fidèles sont les premiers éboueurs de la ville...
Après m'être rassasié de sensations nouvelles, je regagne mon hôtel... m'y prenant à temps pour ne pas avoir à traverser cette ville dans l'obscurité. Le soir, je découvre pour la première fois une blanche qui loge, en fait, aussi à mon hôtel, une allemande. On discute un peu ainsi qu'avec des scouts qui ont leur lieu de réunion pas loin. Épuisé, je m'affale sur mon lit à 9h00. Il pleut dehors.
Dim 12 Mai. Lomé. 12H. Comme d'hab, un Togolais me propose de me faire visiter la ville. Très gentil. Nous passons l'après-midi ensemble et il m'emmène dans sa case, visiter sa maman pour laquelle j'avais acheté un cadeau et qui nous prépare un repas. Gamelle commune, riz épicé, mais bon si je veux m'intégrer... faut bien découvrir.
Ainsi chaque seconde est un cadeau, un enseignement riche de nouveautés déroutantes. Une autre mentalité. L'Afrique a vraiment beaucoup à nous enseigner, nous les européens. Peut être plus que ce que nous croyons pouvoir leur inculquer. _______________________________________________________________________________________________________________________
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